dimanche 1 mai 2016

LE MONDE VU D' EN HAUT

Comment une région peut-elle passer du statut de périphérie à celui de nouvelle frontière des relations internationales en moins d’une décennie ? C’est, dans le cas de l’Arctique, une conséquence directe du changement climatique. De cette région, où la hausse des températures est bien supérieure à la moyenne mondiale, dépend une partie importante de l’avenir de la planète, tant par la hausse du niveau des mers et des océans consécutive notamment à la fonte de la calotte glaciaire du Groenland que par la libération du méthane présent dans l’Arctique, pour ne citer que quelques exemples. L’attention portée aux nouveaux enjeux économiques et géopolitiques de l’Arctique remonte symboliquement au 3 août 2007, lorsqu’un drapeau russe avait été déposé à la verticale du pôle Nord. Depuis, l’intérêt international pour cette région n’a cessé de croître.
L’Arctique est actuellement le cas d’école par excellence des conséquences du changement climatique sur les relations internationales. La région n’est pas une nouvelle venue sur la scène internationale, comme l’a notamment démontré la Guerre froide, mais son exposition internationale est sans précédent. Comme en témoigne la popularité du statut d’observateur permanent au Conseil de l’Arctique, forum intergouvernemental crée en 1996, dont les Etats-Unis assurent actuellement la présidence tournante. La présence au sein de ce Conseil, à différents niveaux, de l’ensemble des acteurs du G7/G8 et de puissances comme la Chine et l’Inde offre à ce mini G20 une visibilité mondiale rare pour un forum régional. Outre les cinq pays nordiques (le Danemark via le Groenland, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède), l’Arctique comprend le Canada, les Etats-Unis et la Russie, qui de par notamment sa superficie arctique fait figure de puissance régionale.
Le monde vu d'en haut. Crédits : Uwe Dedering (via Wikimedia Commons)
Le monde vu d'en haut. Crédits : Uwe Dedering (via Wikimedia Commons)
L’Arctique n’est pas seulement un thermomètre du changement climatique. Les tensions géopolitiques s’observent également dans ces latitudes, notamment lorsque les relations se tendent entre la Russie et les pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Les rapports de force à l’échelle mondiale ne sont cependant pas toujours les mêmes à l’échelon régional, comme cela se vérifie dans le Grand Nord. De par sa singularité, l’Arctique offre une autre lecture du monde, notamment grâce à une diplomatie climatique et scientifique qui permet à de grandes puissances, souvent rivales, de briser la glace. Ou quand Chine, Etats-Unis, Inde, Russie et d’autres se retrouvent loin des salles de réunion habituelles.
De nouvelles opportunités dans un environnement fragile
UNE PETITE PARTIE DE L'ARTICLE DE D'AMIEN DEGEORGES

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